Un endroit pour me vider l'esprit

Par Skye Marthaler


Écrire est facile, cela ne veut pas dire que ce que j’écris est bon. Mais l’acte de mettre du stylo sur un bout de papier, ou dans ce cas de taper des mots sur un ordinateur a rarement été un défi. J’ai toujours hâte d’écrire. Les mots sortent de mon esprit lorsque mes doigts les tapent avec bonheur sur l’écran. S’il y a un problème, c’est qu’il y a généralement trop de pensées et d’idées qui tourbillonnent dans mon cerveau pour les saisir adéquatement.


Tout va bien jusqu’à ce que les idées s’arrêtent. J’ai lutté avec les différentes pièces, regardant l’écran complètement blanc en attendant l’inspiration pour frapper, puis je devenais de plus en plus frustré quand les mots ne me venaient pas à l’esprit. Le blocage de l’écrivain se faufilait et chuchotait, « Ha ha ha ! Ça peut t’arriver à toi aussi ! »


Je n’aurais pas dû être surpris. Les choses ont été assez mouvementées au cours des derniers mois en jonglant entre la famille, les voyages et le stress lié aux multiples projets qui arrivaient à échéance. Sans doute, j’avais beaucoup de choses en tête et je n’étais pas dans le bon état d’esprit pour écrire un article sur le plein air. Heureusement, je­ savais où trouver un remède.



Les montagnes sont superbes, les plages sont incroyables, mais pour moi, la tranquillité d’esprit et le bien-être émotionnel se trouvent parmi les arbres. La plupart des forêts feront l’affaire à n’importe quel moment de la journée. La seule condition que j’ai vraiment pour me promener dans les bois, c’est qu’il soit peu visité. Il est toujours plus facile de rassembler mes pensées quand j’ai un peu de solitude.


L’utilisation de la forêt comme lieu de retraite a commencé quand j’étais enfant dans une ferme du Wisconsin. Je viens d’une grande famille, six sœurs et un frère. Pour échapper à la « tyrannie » de mes sœurs, je me rendais souvent dans un petit bosquet juste en haut d’une colline de la ferme. Bien que c’était assez près de chez moi pour entendre ma mère si elle m’appelait, c’était aussi assez loin pour être dans un tout autre monde où je pouvais être le héros de mes envolées imaginaires de fantaisie.


Ces éléments d’évasion et d’aventure font encore aujourd’hui partie de l’allure de la forêt. Il y a quelque chose que je trouve très satisfaisant dans le fait de marcher seul sur un sentier boisé. Une partie est l’évasion elle-même, m’éloignant des choses mêmes si ce n’est que pour quelques heures. Et puis, il y a toujours la ruée vers l’aventure. Je peux laisser libre cours à mon imagination dans les bois et bien plus encore dans une nouvelle région non explorée.


Ce dernier voyage dans les bois m’a aidé à me débarrasser des débris mentaux sur divers sujets sur lesquels je m’attardais. Mais ce n’est que vers la fin de la randonnée que l’ampoule s’est éteinte dans ma tête sur ce qu’il fallait écrire pour cette pièce. Une fois que l’idée a germé, elle m’a semblé si évidente. Quoi de mieux pour écrire qu’une promenade dans les bois, l’endroit où j’ai l’habitude de me vider l’esprit.